Depuis quelques années, l'écrivain Alain Mabanckou, quadragénaire sympathique, inséparable de son béret (au point
qu'il ne se décoiffe pas dans les conférences), est la nouvelle star de la scène littéraire africaine francophone. Sujets sensibles, écriture truculente et humour burlesque au
programme. Alain Mabanckou est pour moi une version masculine de l'écrivaine camérounaise Calixthe Beyala (au passage, sujet de mon mémoire de master!).
L'auteur était présent mardi 10 février à la librairie Mollat (Bordeaux), pour une conférence-débat autour de son dernier roman. Une petite cinquantaine
de Bordelais y ont assisté pour un petit moment convivial de présentation et d'échange.
Après les cartons de Verre cassé (2005) et Mémoires de Porc-Epic (2006), voilà un retour qui promet de secouer, avec un titre choc: Black Bazar paru en janvier. Et pour preuve de succès, il a été classé parmi les 20 meilleurs romans de la rentrée littéraire par Libé, l'Express et le
Nouvel Obs. Mabanckou raconte dans ce dernier roman les tribulations d'un jeune black Parisien élégant, qui après s'être fait larguer, va errer dans le fameux quartier de Château Rouge, à la
recherche de l'amour, de l'amitié, de lui-même et de l'écriture. L'action tourne autour du chaleureux bar le Gip's, où les gens se chamaillent sans cesse sur tout et rien. D'ailleurs
Mabanckou a rapporté une anecdote qui a fait sourire: les habitués du bar, qui existe vraiment, se sont réellement mis à se disputer sur la distribution de leurs rôles dans le roman
après sa lecture. Quand la fiction devient réalité, c'est le (Black) Bazar en authentique.
Je n'en dirai pas plus car je n'ai moi-même pas encore lu le livre, bien que je n'aie pas manqué au passage de le faire dédicacer. C'était la 3e fois que j'avais affaire au personnage en chair et
en os, je vais finir par me faire griller.