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  • : 11/02/2009
  • : Objectif Journalisme
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  • : Blog pas très sérieux d'une rédactrice-journaliste débutante motivée de la vie. Au programme: splendeurs et misères du métier, stages et premiers boulots, coups de coeur et coups de gueule, commérage et babillage sur les médias, tout ça avec une bonne dose d'optimisme et d'humour.
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Lundi 17 janvier 2011 1 17 /01 /Jan /2011 23:34

Ce voyage de rêve, je l’ai mérité. J’en ai chié grave sa mère. Excusez-moi d’être vulgaire, oui c’est comme ça, j’en ai pas l’air, douce et courtoise à première vue, mais désolée de vous décevoir, si vous ne le savez pas déjà, en fait je suis une meuf vulgaire, une vraie poissonnière, et j’ai même adhéré au groupe facebook « je suis vulgaire et va te faire enc**** connard », c’est pas pour rien ! Ce récit d’aventures journalistiques est sans conteste le plus long que j’ai jamais écrit sur ce blog, ça a l’air d’un roman, mais lisez, ça vous prendra quelques minutes et vous allez le dévorer tout cru...

 

 Tout commence un beau jour d’octobre 2010.  Je suis sur un quai à la gare de Bordeaux, j’attends mon TGV pour rentrer à Paris. Mon phone sonne. Raoul (faux nom rassurez-vous), le recruteur des auteurs du guide de voyages au sein duquel j’ai fait le dernier stage de ma carrière d’étudiante (que je ne citerai pas, mais en même temps vous n’aurez pas trop de difficultés à deviner…), me dit : - Bon, tu restes toujours sur le guide Andorre, mais un autre vient d’être recalé pour une parution plus tôt que prévu, et ça pourrait t’intéresser. C’est le guide Maldives. Est-ce que ca t’intéresse ?

Guedin !!!!! Les Maldives, ai-je bien entendu ?! Si ça m’intéresse ?! Et comment !!! Comment Raoul peut-il me poser une question pareille ?! Qui serait assez débile pour ne pas être intéressé par les Maldives ?! Depuis ce jour, j’ai vécu Maldives, j’ai rêvé Maldives, j’ai bouffé Maldives, j’ai même pleuré Maldives, croyant les perdre. Je les ai tellement désirées que j’étais prête à tout. Et pour preuve. Pour les Maldives, j’ai remué ciel et terre, je me suis embrouillée avec des collègues et des agents de voyage au téléphone, j’avais plus de vie sociale, je mangeais pas, je dormais pas, et je pétais totalement les plombs. Pour les Maldives, j’ai fait du harcemailing (néologisme lénaien désignant le harcèlement par mail) à m’en donner des crampes aux doigts, et j’ai haï plein de gens, moi qui suis pourtant la plupart du temps disposée à les apprécier. Ma meilleure potesse, avec qui on s’envoie 36000 sms à la journée pour se raconter notre quotidien de A à Z, recevait des messages désespérés en longueur de journée.

Mais enfin, voilà l’affaire. J’ai une envie folle de balancer les pratiques je-m’en-foutiste et capitalistes dont j’ai fait les frais, mais aucun intérêt pour moi à m’étendre sur le sujet ! Déjà, ne serait-ce que parce que je dois tout de même mon premier taf dans mon domaine à ce guide, que ça reste une expérience exceptionnelle qui déglingue, et que ça fera très joli sur mon CV. En outre, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’une entreprise de nos jours se foute de la gueule de ses "employés de dernier étage". Enfin, si c’est pour que cela retombe sur ma gueule, moi qui vient juste d’entrer dans le monde du travail, non merci sans façon. Cela dit je ne suis pas une lèche-cul pour autant, et croyez-moi je le leur aurais volontiers botté, le cul. Lorsqu’on m’accusait injustement, je me défendais, ne serait-ce que pour mon honneur.

Donc pour revenir aux Maldives, je trépignais d’impatience et il s’est bien écoulé 15 jours entre le moment où j’ai su que je partais et le moment où on m’a dit que je pouvais prendre mon billet d’avion, ce que j’ai aussitôt fait, pour caler un séjour du 15 au 30 novembre. Or, octobre touchait déjà à sa fin. Ce que je ne savais pas, c’est que le plan était foireux d’avance. Vous savez, le genre de plan sur lequel vous vous précipitez, mais en fait, vous vous retrouvez tout seul dans une galère infernale et personne n’a pris la peine de vous prévenir ni de rien vous expliquer, parce qu’en fait, tout le monde s’en fout et chacun pour soi.

 

On m’a balancé l’édition précédente du guide, le contact d’une commerciale susceptible de pouvoir m’aider -  qu’on appellera Gertrude (tant qu’à faire si on attribue des faux prénoms, prenons-en des drôles !) - mais qui n’était pas obligée de le faire, m’a-t-on bien précisé, une liste misérable d’hôtels avec lesquels il y avait eu échanges commerciaux les années précédentes (pub mais aussi pub contre nuits d’hôtels), et avec ça j’avais 15 jours top chrono pour organiser ma mission de A à Z. Sauf que j’ignorais encore qu’elle était impossible. Je me suis lancée timidement et tranquillement derrière mon écran, posant quelques questions naïves à ma référente de rédaction, que l’on nommera Cunégonde (bah pourquoi pas), chargée de me suivre sur le guide Maldives. Pucelle du travail enjouée, comment pouvais-je imaginer à quel point j’allais galérer ma race ? J’ai compris le bordel quand arrivée vers le 8 novembre, je n’avais réussi à décrocher qu’une seule nuit d’hôtel aux Maldives contre une petite pub, sur les 14 nuits que j’étais sensée y passer. Super ! Gertrude qui m’avait gentiment assistée jusque-là mais sans succès, s’était barrée en mission au Liban, son chef Robert (pourquoi pas) qu’on m’a recommandé n’avait pas une minute pour moi. D’autre part, je me suis rendue compte que Cunégonde ne m’aiderait pas plus car ça ne faisait tout simplement pas partie de son taf ; en fait un référent de rédaction te forme en 5 minutes, et valide ta rédaction, mais c’est tout ce qu’il peut faire pour un auteur. Ensuite, tous les directeurs d’hôtels du monde entier étaient évidemment tous fourrés au salon de tourisme WTM à Londres comme par hasard, et les hôtels que je contactais me fichaient des vents monumentaux, ou me répondaient négativement. Ok. En fait Léna, tout le monde s’en tape, de ton guide pourri qui sert à rien. Les Maldives c’est une destination de luxe, constituée de minuscules îles-hôtels où finalement on ne fait rien d’autre que se dorer la pilule au bord de lagons turquoise, propices aux formules tout compris vendues à gogo sur le net, et personne n’aurait idée, même pas toi, de consulter un guide de voyages pour y préparer un séjour là-bas. Non mais c’est vrai quoi ! En outre, les hôtels, tous de standing 4 ou 5 étoiles à 500 $ la nuit en moyenne (je n’exagère pas), n’en n’ont rien à foutre de ta pub à la noix de coco. En même temps, qu’est-ce que ça peut te foutre que tout le monde s’en foute ! Puisque les Maldives, bah c’est les Maldives, on te paie ton billet, tu vas vivre au paradis gratuitement pendant 15 jours, ton entourage entier t’envie, alors pour ces raisons, il faut te battre jusqu’à la mort mais alors jusqu’à la mort on est d’accord. Aussi, je me levais à 8h, passais parfois mes journées entières dessus, espérant, priant, fulminant et pestant devant mon PC. Tous les matins quand mon réveil sonnait, les premiers mots que je prononçais, avant même de m’étirer - et ça je ne l’ai réalisé qu’au bout de quelques temps - étaient « sa mère la teupu ». C’est d’ailleurs devenu notre mot d’ordre favori, à moi et un de mes colocs. C’est très vilain, surtout venant d’une féministe dans mon genre, mais j’y pouvais rien, ça sortait tout seul. J’ai pourtant essayé de le remplacer par « sa grand-mère la morue », mais non seulement ça sonne fade et faux, mais en plus ça ne défoule pas du tout. La mère à qui ? A personne, au moins j’insultais personne.

 

L’angoisse m’étreignait quand, la tête dans le cul, j’ouvrais ma boîte e-mail pro. Quelles réponses ou non réponses ce matin vont encore me donner envie de me tirer une balle ? Cette mission était limite entrain de devenir ma raison de vivre. J’ai appelé toutes les agences de voyage françaises possibles concernées par les Maldives en espérant obtenir de l’aide, pour m’entendre dire que, désolée ma cocotte mais on peut rien faire pour toi, et les hôtels aux Maldives n’ont pas besoin de ta pub, et tu peux rêver pour qu’ils te donnent une nuit gratuite (ça c’était du mytho en fait puisque j’ai presque tout eu gratuit lol) pour ton guide que tu peux te mettre au cul. Alors crève, va dormir sous un cocotier. Enfin non, c’est pas ce qu’on me disait bien sûr (encore heureux !), mais c’est comme ça que j’ai fini par l’interpréter. Je devais en somme effectuer le boulot d’une commerciale, alors que c’est pas de mon ressort, en anglais en plus (gnarf, pour bien me donner davantage de remords de n’avoir pas bien travaillé mon anglais dans le passé), le boulot d’une attachée de presse mais aussi surtout celui d’une emmerdeuse. Voilà, en fait les journalistes sont des emmerdeurs professionnels, bienvenue dans la réalité Léna, tu vas passer la moitié de ta vie à emmerder les gens. Comme si cela ne suffisait pas à ma peine, pour des raisons sur lesquelles je ne m’étendrai pas, je n’avais pas le droit de négocier des trucs avec tout établissement ayant un siège en France. Génial ! C’était ma toute première mission, j’étais juste formée à la base de données des guides, et Cunégonde s’étonnait que je me sente perdue.

Voyant que ça tournait à la loose absolue, j’ai proposé de reporter la mission. La veille de mon supposé départ, j’en étais toujours au point mort. Et alors que je chialais cette mission impossible, voici à peu près ce que le rédac en chef Roger (toujours un nom bidon) a enfin répondu à mon mail de désespoir : « oui bah t’as qu’à annuler le billet si tu peux, fallait réfléchir avant ». Ah bah voilà, bah voyons ! On me dit rien au sujet du fonctionnement de cette foutue boîte, on m’explique rien, on me fait prendre un billet d’avion, on me lâche dans la nature, je me démène comme une ouf, je me pisse dessus d’angoisse pendant 2 semaines, et on trouve rien de mieux à me dire ??!!!!!! Tchiiiiiiiiiiip ! Pour en rajouter une couche, Robert le commercial m’envoie un mail en me disant qu’il comprend mes problèmes, mais que ce serait bien que j’évite de réclamer des nuits d’hôtels gratuites tous azimuts aux Maldives car cela réduit les « courants d’affaires » des commerciaux. Ah oui ? Et mes courants d’affaires à moi, tu crois qu’ils sont pas réduits là ? Ouvrons nos chakras. Iiiiiiiiooooooonnnn…

 

Donc voilà le lendemain 15 novembre, jour prévu de mon départ, je reporte mon billet d’avion pour quelques centaines d’euros supplémentaires, et comme je suis bien obligée de fixer des dates, je pars sur 19 janvier-3 février, en tenant compte des dates de délai de rendu et de parution prévues (qui soit dit en passant ont finalement été à nouveau reculées depuis, et d’ailleurs on n’a même pas pris la peine de me le dire, alors que je VIS en fonction de ces dates, j’adore !). Cela dit une fois ce billet décalé, je me sens mieux. Déçue, épuisée, mais soulagée et bien plus détendue. Mes référentes de rédac me recalent sur la mission Andorre, que je devais au départ effectuer en premier, donc je continue mes démarches pour les 2 missions en même temps. Je bombarde les Maldives car je me jure que cette fois est la bonne. Tout se passe bien, je commence même à avoir des réponses positives, jusqu’au jour où (le 25 novembre précisément !) Cunégonde m’appelle et me dit, en gros : « bon ça va pas, t’as fait une bourde, t’es entrain de piquer un client du guide île Maurice, la commerciale Fernande (faux nom bien sûr) de la régie pub est furax !!! Arrête tout, t’as contacté trop de gens, ça craint pour le marché potentiel des commerciaux, ne contacte plus personne, transfère-moi tous tes mails, concentre-toi sur Andorre et oublie les Maldives pour le moment ». Quoi ?!!! Mais et moi alors, je suis pas furax qu’on me coupe en plein élan et qu’on me fout sans arrêt des bâtons dans les roues ? Elle est bonne celle-là. J’y peux rien si des hôtels ok pour négocier avec moi appartiennent au même groupe que d’autres hôtels à l’île Maurice ou à Petaouchnok, et si tout le monde me laisse nager dans ma merde depuis le début. Y’en a que pour les commerciaux, et les auteurs ils font quoi ?! Ils dorment à la rue pendant leur enquête et font la manche ??? Ah bah bravo ! Enervée, je demande que dans ce cas, on m’aide à boucler cette fichue mission. « Oui oui on va t’aider », qu’on me répond (que dalle oé !). Sans manquer d’ajouter que « si besoin, et bien on reporte encore ». Quoi ?!!!! J’ai bien entendu là ? Foutage de gueule !!! Tchiiiiip ! Pas question, surtout si c’est pour qu’on m’accuse encore après de m’y être mal prise. Ouvrons nos chakras. Aaaaaaauuuuuuummmmm…

Dégoûtée, je stoppe mes recherches aux Maldives, car désobéir serait risqué vu la situation. A côté, l’organisation pour Andorre, c’est du gâteau, ça glisse tout seul, les offices de tourisme réagissent au quart de tour et les hôtels m’ouvrent leurs portes sans discuter. 15 jours après, je débarque en Andorre, où j’oublie mes peines le temps d’une parenthèse montagneuse. J’oublie aussi avec les fêtes de fin d’année, et m’offre même quelques grasses matinées. sheraton-maldives-full-moon-resort-and-spa-facade

 

Mais les Maldives sont toujours dans ma tête et même dans mon cœur, et soudain je m’aperçois que l’année touche à sa fin, et que le départ approche. Je demande à reprendre les démarches, car comme je m’en doutais, personne n’a bougé le petit doigt pour moi pendant mon absence. Cunégonde m’autorise mais à condition que je le fasse sous la houlette des commerciaux. Hum mouais. Je suis à nouveau au taquet et en panique. Les commerciaux, qui ont forcément d’autres priorités que venir à mon secours, me répondent mollement et en plus maintenant, nouveau problème : janvier, c’est le début de la haute saison aux Maldives, les hôtels seront blindés et ne me feront pas de cadeau ! Je le savais, mais je n’ai pas le choix. J’ai du recaser mon voyage à cette période-là, point.

 

Bilan flippant : on est début janvier, je pars le 19, j’ai que 5 nuits d’hôtels sur 14, que j’ai obtenues en me saignant. Les autres vont pas tomber par la vertu du St-Esprit. Or, personne n’a besoin de ma pub, personne n’a le temps de m’aider, j’ai un budget d’enquête très serré qui ne peut pas me servir à m’offrir des hôtels, et je vais pas les payer avec mon cul non plus. Sans compter que les Maldiviens sont 2 de tension, ils sont au rythme insulaire quoi ! Ok. Ma vieille, vas-y finis-toi, et quand t’auras vraiment plus d’énergie, ce sera pas grave, t’auras oublié toute cette galère (qui finalement t’aura servi d’expérience), puisque tu seras entrain de savourer ta victoire sur la terrasse d’un superbe bungalow sur une île de rêve au soleil et tu diras…FUCK.

Alors j’ai pris le taureau par les cornes, j’ai changé de refrain. A mes supérieurs hiérarchiques, j’ai dit : « si cette fois je fais une boulette, c’est plus mon problème, si c’est chacun pour sa gueule, ok d’accord ! » Aux Maldiviens, j’ai dit : « la haute saison, c’est plus mon problème, je suis rédactrice et si vous voulez pas de ma pub, je vous en ferai quand même sans pub, je vous pondrai 1000 articles élogieux s’il faut (car les hôtels pourris n’existent pas aux Maldives), mais trouvez-moi des nuits d’hôtels, bordel ! ». La philosophie du « je veux, j’exige, et j’aurai », il n’y a que ça qui marche.

 

J’ai du faire mes petits deals dans mon coin, proposer des collaborations avec des webzines, - car dire qu’on écrit pour un guide de voyages n’est pas toujours suffisant, bon à savoir ! - faire chier les hôtels… Résultat :  la  semaine avant mon départ, tout s’est débloqué d’un coup. Les portes de prestigieux 5 étoiles s’ouvraient à moi, des attachées de presse françaises sorties d’on ne sait où m’appelaient de tous les côtés, Gertrude avait des réponses positives pour des nuits contre pub, et j’avais même le choix, alors que quelques jours avant, j’étais encore entrain de mendier comme une pauvresse. J’ai même pu faire mon caprice des dieux, genre annuler au dernier moment un hôtel 3 étoiles pas mal pour un hôtel 5 étoiles du tonnerre. Le monde à l’envers quoi.

 

Et le scoop des scoop, c’est que j’ai su, par le service de presse d’un grand groupe d’hôtels international qui en possède 3 aux Maldives, que fin novembre, Roger le rédac en chef les avait contactés pour caler quelques dates chez eux fin janvier. Ce qu’ils ont fait, sauf que c’est lui qui n’a pas donné suite. Mais pourquoi ?! Et pourquoi il m’a pas mise sur ce plan là ? J’étais sur le cul au téléphone. J’ai aujourd’hui la preuve par A+B qu’on m’a volontairement laissée ramer. Pourquoi ? Bonne question. Roger avait le pouvoir de m’aider et d’organiser mon séjour en 3 coups de téléphone. Il savait très bien que les Maldives étaient une destination pas commode et il avait des contacts ! Pour ma part, j’y aurai passé 1 mois en tout, je serai payée pour la rédaction, et non pour l’organisation du voyage, et en attendant j’ai un autre guide à finir avant fin février. Mais tout ça, on s’en fout royal. J’adooooore ! On m’aurait mise à l’épreuve ou bien ? Je n’en sais rien. Bienvenue dans le monde du travail, ma vieille. Ce que je sais, c’est que cette fois j’ai gagné le cocotier au sens propre du terme, et qu’il n’y a qu’en se débrouillant qu’on devient débrouillard, maintenant je suis rôdée.

 

A l’heure où je vous raconte tout ça, j’ai plus de jus, je me suis finie, mais j’ai casé tout mon séjour, l’angoisse fait place à la joie, et je suis sur le départ. J’ai voulu, je me suis battue, j’ai vaincu. Oui je sais, je suis une sale veinarde. Merci tout de même de m’avoir donné les Maldives, car moi ex petite stagiaire sans illusions fantasmant derrière son écran, je ne pouvais pas rêver plus beau cadeau de début de carrière. J’ai du cul certes, mais chers lecteurs, gardez quand même en tête la morale de l’affaire : finalement les MALDIVES, je les ai MÉRITÉES.

Par Léna M. - Publié dans : Les news persos
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Mercredi 29 septembre 2010 3 29 /09 /Sep /2010 11:54

Quelques jours avant la fin de mon stage, c'est-à-dire il y a quelques jours, j'ai fait la connaissance de mon nouveau meilleur ami, reçu à domicile dans ma boîte aux lettres. Il doit peser environ 1 kg, il est tout orange...et...que dire d'autre ? Je l'aime déjà et je sens que nous allons faire un long chemin ensemble. Mais euh, de quoi elle parle, elle ?

Ah mais rien de moins que de la dernière édition neuve pétante du Guide de la pige, bien sûr ! Edition 2011-2012 de la bible des journalistes pigistes, parue en librairie le 16 septembre là. Près de 650 pages d'infos précieuses, de conseils avisés, de bonnes adresses (enfin j'espère!). Je suis toute excitée rien que de le tripoter et d'en tourner les pages. Est-ce que mon début de carrière sera aussi excitant ? L'avenir va vite nous le dire.

9782950942890 lib fiche

Pigiste ou journaliste indépendante, oui je m'y vois trop, si j'arrive à vivre avec ces drôles de statuts, dangers d’inconstance et de précarité. C'est une autre histoire. Dans le journalisme, métier soumis à de constantes évolutions par nature, je me vois tel un caméléon. J'imagine une carrière variée et flexible, riche en défis, en changements, en surprises, en émotions tant qu'à faire allez carrément ! Passer de pigiste à journaliste sédentaire, de journaliste free-lance à rédactrice d'entreprise, de correspondante locale à rédactrice en chef ! Soyons fous...Lectrice-correctrice, écrivain public,  aussi, pourquoi pas. J'adorerais être tout ça à la fois. J'ai bel et bien terminé les études et la fac, mais je ne reste pas fermée à des petites formations pas trop relou. Enfin, j'ai tellement d'idées et de désirs que je me vois mal rester 15 ans dans la même boîte à faire les mêmes trucs aux mêmes heures avec les mêmes gens, à moins de n’avoir pas le choix. Plein de projets dans la tête, plein d'envies... une vie suffira t-elle ? En tout cas, ne nous emballons pas. Que ce soit maintenant ou plus tard, je compte aller au charbon comme tout le monde. Il faut tâter de la vraie vie active,  celle qui nous oblige à nous lever à 7h tous les matins, qui nous rapporte plus de 400 par mois (montant d'une indemnité de stage), qui nous prive de vacances pendant des mois et des mois, qui fait qu'on kiffe nos week-end à 300%, qui nous apprend à bosser en équipe avec des gens différents, et qui nous permet même de pas être trop dans la merde quand le CDD prend fin grâce aux allocs lol...bref, la vraie vie quoi, que l'on aime ou que l'on aime pas, et dont il est difficile de ne pas se lasser par moments à moins d'avoir un job de rêve. Mais qu'il faut avoir vécu quand même, ne serait-ce que parce que la loi de la survie à elle seule nous y force à un moment donné ou à un autre.

J'ai déjà bossé, 9 mois, pas bien méchant, et j'ai déjà fait des stages, mais bon, c'est pas pareil. Certes je me suis fait griller mon été lors de mon dernier stage, mais c'était pas bien grave, c’était mon choix et ça me convenait, puisque je savais que 3 mois ça passerait vite, et qu’après, j’aurais forcément un temps de répit. Et comme je connais la réalité du marché, je ne me fais point d'illusion. J’ai quelques ouvertures sympathiques avec les mag où j’ai fait mes stages, voilà qui est déjà encourageant. Ensuite à l'heure qu'il est, mon CV s'apprête à s'offrir un relooking du tonnerre de Zeus, avant de partir en tournée nationale. A moins d'un coup de bol, il est parti pour un long voyage. En attendant, faut que je bouge mon cul de lève-tard indécrottable, que je prenne mes jambes, mon dictaphone et mon stylo, que je descende dans la rue... mais non, pas pour manifester rigolus ! Enfin pas encore...

Par Léna M. - Publié dans : Les news persos - Communauté : Apprentis journalistes
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Jeudi 5 août 2010 4 05 /08 /Août /2010 22:29

 

Futurs journalistes, si vous souhaitez voyager par procuration à défaut de voyager pour de bon, rien de tel qu’un stage rédaction au PF, notre fameux guide chouchou de voyages qui édite également un magazine bimestriel. Et voilà, à force de faire des recherches et d’écrire des textes totalement attrapes-touristes sur les îles tropicales, je me les suis vendues à moi-même. « La République Dominicaine vous attend pour des purs moments de farniente sur des plages paradisiaques ». C’est le genre de phrase que j’ai écrit des tas de fois. J'ai bavé devant mon écran en mettant des mots sur des paysages de cartes postales. T’as le droit de rêver, Léna, mais ça, là, ces plages de sable doré piquetées de cocotiers au bord d’une mer aux eaux turquoise, pour le moment, ça reste sur ton fond d’écran. Estime-toi donc heureuse de fouler le bitume chaque matin de cette magnifique capitale, Paris, dont on dit que c’est l’une des plus belles villes du monde et dont plein d’étrangers rêvent. Hum oui oui bon ça dépend des critères de beauté que l'on a d'une ville. En tout cas, ça n’a rien d’exotique. Il faut beaucoup d’imagination pour se croire sur une île sauvage et déserte lorsqu’on est à Paris-Plage. Dans les couloirs du métro parisien, une pub me nargue depuis des mois. Promovacances m'invite en République Dominicaine pour minimum 899 euros, et affiche ce message farceur : « Plus rien ne vous retient ». Ah bon ? Si c’était le cas, ça se saurait.

Non je n’ai pas honte, j’avoue que je suis une touriste superficielle. Le safari dans la savane au Kenya, les randonnées dans les montagnes de Mongolie, les croisières dans les fjords au Groenland, bof c’est peut-être chouette mais c’est pas mon délire. Qui sait, l'envie me prendra peut-être un jour. Mais avant, je dois réaliser mes rêves de paradis insulaires. Pour moi les vraies vacances, c’est farniente et plaisirs sous les tropiques au soleil.

Alors spécialement pour vous, voici mon top 3 des destinations paradisiaques. Les Caraïbes, l'Océan Indien peuplent mes rêves d'évasion.

 

plage-seychelles.jpg1.Les Seychelles

 

Quand j’entends « Seychelles », je suis tout de suite au taquet. C’est carrément mon rêve absolu. Ces îles africaines éparpillées dans l’Océan Indien, voisines de la Grande île de mon cœur (Mada), n’illustrent rien de moins pour moi que le paradis sur Terre. Les paysages y sont éblouissants et la vie pépère. Je n’ai jamais rien entendu aux infos concernant les Seychelles. Il ne s’y passe rien. On a envie que ça reste ce que c’est : un petit paradis tranquille. Et on a envie de se marier rien que pour s’y faire une lune de miel. Sur l’île de la Digue, se trouve l’une des plus belles plages du monde, l’Anse Source d’Argent, parcourue de palmiers et de rochers en granit poli. Avec les bons plans de www.partirpascher.com, c’est possible de s’envoler une semaine aux Seychelles pour l’équivalent d’un smic. N’est-ce pas merveilleux ?

 

2.Zanzibar

 

Mon ex, blasé des réalités de la vie actuelle, économiques, sociales et autres, me disait parfois : « Ici pff…moi j’en ai marre, je me casse à Zanzibar ! ». Ça pourrait être le slogan d’une pub pour cette merveilleuse île totalement oubliée, au large des côtes de la Tanzanie. D’ailleurs, peu de tour opérateurs proposent des séjours là-bas. Ce qui veut dire que l’île aux épices est sans doute encore préservée du tourisme de masse. Il suffit de regarder des photos, c’est tout simplement le paradis insulaire africain par excellence. Il faut se saigner pour se l’offrir, car une semaine sous ses cocotiers en demi-pension revient à minimum 2000€. Sans doute le genre d’Eden où t’oublies que tu t’es ruiné une fois que t’y es. Y’a pas à dire, à Zanzibar, t’es trop peinard.

 

3.Les îles Grenadines

 

Encore des îles grandioses minuscules, où il fait bon se de ressourcer. Encore un coin vraiment pépère, pas très touristique, où seuls quelques bateaux de croisières font escale. Encore des plages paradisiaques sur lesquelles je rêve de poser mon cul. Et en plus, luxe suprême, des îlots totalement inhabités, pour assouvir vos fantasmes d’île déserte en tout genre ! On y accède facilement en croisière depuis la Martinique ou la Guadeloupe pour minimum 1000 €. Les îles Grenadines, bijou des Caraïbes, m’envoûtent déjà rien que grâce à leur nom. Grenadines, comme le sirop rosé sucré que je bois quand je vais chez mamie, ça sonne doux à mon oreille, ça me donne l’eau à la bouche… C’est tellement petit, tellement tranquille, tellement beau, que ça ne peut qu’être luxe, calme et volupté. Grenadines, îles câlines…ça y est, je délire moi.

 

Elles me font rêver aussi :

  • L'île Maurice

  • La République Dominicaine

  • Les Bahamas

  • Les Maldives

 

Et vous, quelles sont vos envies de paradis ?

Par Léna M.
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Dimanche 2 mai 2010 7 02 /05 /Mai /2010 23:11

Souvenirs, souvenirs. Il y a un an, j'étais loin de connaître l'état de zénitude dans lequel je baigne à l'heure actuelle. Je suais, je planchais, je grognais, je me saignais et à la maison où je passais la plupart de mon temps la tête dans les journaux, dans mes cahiers, et tutti quanti, mon mec s'en prenait plein la gueule. « Chut, je bosse ! », « Me parle pas, j'ai pas le temps ! », et j'en passe. Il faut le dire, une des époques les moins marrantes de ma vie. Mais j'en ai tiré du bon, bien sûr. Je reçois de temps en temps des messages de  candidats qui flippent devant mes comptes-rendus des concours, alors je n'ai qu'une chose à leur dire : faut pas. C'est que des concours, on n'en crève pas. Au mieux, on en obtient au moins un, et c'est le bonheur assuré. Au pire, on en a pas, et c'est pas la fin du monde. On peut retenter l'année suivante, ou trouver un plan B qui fera l'affaire. Et dites-vous que vous n'aurez pas tenté pour rien, vous verrez que vous aurez appris, ne serait-ce que sur votre futur métier. Certains me demandent si j'ai eu un concours, ce que je suis devenue, tout ça. Alors pour répondre, j'ai eu la chance d'aller à l'oral à l'EJCM (Marseille) et l'IJBA (Bordeaux), ça s'est pas mal passé, mais ça s'est arrêté là pour moi. Et comme je le rabâchais sans cesse, pour plusieurs raisons, il était hors de question de les retenter cette année. Mais bon, on est pas obligé de faire comme moi, d'autant plus que j'ai atterri dans un master 2 professionnel qui n'est rien d'autre qu'une grosse blague. Mon parcours n'est pas une référence. Mais comme je le dis souvent, je considère qu'à mon niveau, bac+4 ou +5, ayant un certain nombre d'années d'études derrière moi, je dois compter plus sur moi-même que sur des formations et des profs de fac pour arriver à mes fins. Si j'estime que ma formation n'est pas à la hauteur de mes attentes, je peux miser sur la pratique, multiplier les stages, rebondir dessus, proposer des collaborations, chercher à toujours développer mon expérience. Donc pour ma part, je viens de commencer un deuxième stage (dont je ferai sans doute un petit compte-rendu ici) et je ne compte pas m'arrêter là. Bon si vous êtes sages, je reviens d'ici quelques jours avec un petit article des plans B possibles pour les bac+4, concernant les master 2 pro journalisme hors grSELSR6001514.jpgandes écoles.


En attendant, voyons voir comment s'agence le calendrier 2010 des concours des 12 écoles reconnues.

CUEJ (Strasbourg) : les écrits ont pris deux mois d'avance cette année, ayant eu lieu les 8 et 9 avril. Oraux du 17 au 23 juin.

CELSA (Paris) : cette année, les écrits de ce redoutable concours ont eu lieu...le dimanche 11 avril ! Un dimanche, ils sont sérieux ou quoi ?! Lol. Pas trop souffert les enfants ?

Oraux du 14 juin au 7 juillet

EJCM (Marseille) : écrits le 10 mai, oraux le 21 juin

ICM (Grenoble) : écrits le 17 mai, oraux du 15 au 18 juin

IJBA (Bordeaux) : écrits le 22 mai, oraux du 28 au 30 juin

Comme d'hab, l'ESJ, l'IPJ et le CFJ comportent un tronc commun d'épreuves, puis des épreuves spécifiques à chaque école.

IFP (Paris) : écrits le 27 mai, oraux du 23 au 25 juin

ESJ (Lille) : écrits les 1er et 2 juin, oraux du 29 juin au 7 juillet

IPJ (Paris) : écrits les 1er, 2 et 3 juin, oraux du 22 juin au 1er juillet

CFJ (Paris) : écrits les 2 et 3 juin, oraux du 24 juin au 3 juillet

IUT Lannion : entretiens les 7 et 8 juin, oraux finals le 16 juin

EJT (Toulouse) : écrits et oraux du 14 au 16 juin

IUT Tours : écrits et oraux les 23 et 24 juin


Sur ce, je souhaite bon courage à tous les candidats 2010 ! Quand j'étais au lycée, j'avais une super amie avec qui on s'inventait et partageait toutes sortes de délires saugrenus, assortis notamment de crédos plus ou moins crédibles. Pour l'occasion, je trouve qu'il est juste d'en remettre un à l'ordre du jour, dont je viens de me souvenir à l'instant avec délectation : CVA = Courage, Volonté, Abnégation !

 

Source photo : http://medium.lequotidien.re

Par Léna M. - Publié dans : Concours de journalisme - Communauté : Apprentis journalistes
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Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 23:41

princessfrogNouvelle-Orléans, années 20. Tiana, jeune et jolie (ça va de soi, où a t-on vu une héroïne moche chez Disney ?) afro-américaine passionnée de cuisine, travaille dur jour et nuit comme serveuse pour pouvoir réaliser son rêve, hérité de son défunt père : monter son propre restaurant. Elle a grandi aux côtés d'une petite fille blanche d'aristocrates, Charlotte, dont le père employait la mère de Tiana comme gouvernante. Ensemble, les deux fillettes écoutaient les contes de fées que leur racontait cette dernière. Ce qui n'empêchera pas Tiana de garder la tête sur les épaules une fois devenue jeune fille. Pour réussir, il lui faudra encore trimer, c'est sûr. Dans son entourage, elle est peu soutenue. Ses collègues lui rient au nez lorsqu'elle parle de sa future entreprise. Ses amis lui reprochent de se tuer à la tâche et de dédaigner les moments de plaisir. « Allez quoi, viens au bal ce soir avec nous, ça te fera du bien !» lui disent-ils souvent. Que nenni, Tiana a peut-être vingt ans mais pas le temps pour l'amour et les frivolités. Elle sait bien pourquoi elle ne s'accorde aucun répit, elle hérite du courage et de la détermination de son père. A la guerre comme à la guerre ! Et sa bataille paie lorsqu'elle parvient enfin à réunir tout l'argent nécessaire à l'achat d'un bâtiment dont elle rêve pour son restaurant. Mais elle déchante lorsqu'on lui apprend qu'un homme est sur le point de faire l'acquisition du bien à sa place. En gros, on lui fait comprendre que « ma petite, t'es bien gentille et bien mignonne, mais un peu noire donc forcément tu vas nous la mettre à l'envers, c'est pas de ton ressort ces affaires-là ». Tiana ne peut plus seulement compter sur elle-même pour résoudre ce sacré problème.

C'est ce moment-là que le prince noir Naveen (charmant et sexy évidemment) choisit pour débarquer dans le coin, attiré par le jazz. Charlotte, qui s'est mis en tête de l'épouser, l'attend en trépignant d'impatience et d'excitation. Mais Naveen n'en fout pas une et ne pense qu'à s'éclater dans la vie. Un bon morceau de jazz et le voilà parti dans une danse endiablée et plus rien ni personne ne l'arrête. Certainement pas ce malotru de Lawrence, son majordome excédé qui s'évertue à lui rappeler ses responsabilités, en vain. Aussi naïf que joyeux, Naveen se laisse entraîner sans se méfier dans l'antre du maléfique docteur vaudou Facilier, jaloux de sa richesse et de son pouvoir. En deux temps trois mouvements, le beau couillon de prince se retrouve transformé en vulgaire...grenouille. Grenouille oui, car c'est quand même plus classe qu'un crapaud. Cela dit, le mal est fait. Il faudra qu'une princesse l'embrasse pour qu'il retrouve sa forme humaine, qu'en attendant le vilain sorcier lui emprunte sans scrupule.

Le soir du bal durant lequel il est justement attendu, le prince grenouille rencontre Tiana somptueuse dans sa robe princière, et la prend donc pour une princesse. Il lui demande de l'embrasser. Or, contre toue attente, voilà t-il pas que la pauvre demoiselle est à son tour métamorphosée en grenouille. C'est balo ! Les choses se compliquent, mais au moins entre grenouilles ex-humains, ça créé forcément des liens. Tiana et Naveen sont dans le même galère, c'est le cas de le dire. Alors commence l'errance sur les rives du Mississipi à la recherche de la prêtresse vaudou Mama Odie vieille de 200 ans, qui est susceptible de pouvoir briser le sortilège. Sur la route, les deux batraciens font des rencontres amicales trépidantes. D'abord Louis, l'alligator fan et joueur de jazz, qui se plaint d'effrayer les humains lorsqu'il tente de leur faire connaître ses talents. Puis Raymond la luciole friponne, rendu d'autant plus charismatique grâce à un accent antillais avec lequel il appelle Tiana « chéwie ». Il faut bien ça pour réconforter et éclairer le chemin de nos deux petits amphibiens en perte d'identité et traqués par les âmes perdues du sorcier Facilier.

Rien de tel que des mésaventures loufoques sur fond de musique jazzy sucrée au fin fond de la Louisiane pour rapprocher deux sacrés personnages, qui au départ n'avaient pas grand-chose en commun.

Joli conte frais et coloré, qui a le mérite d'offrir de vrais dessins, à l'ancienne, animé par une intrigue exotique qui sort des sentiers battus. La princesse et la grenouille, je dis oui pour rêver un peu en swinguant, rire et s'émouvoir avec un bon cornet de pop-corn quand on a le blues. Je l'ai vu avec ma mère. Quand on est sorties de là, elle m'a dit : « Imagine-toi il y a 15 ans, l'effet que ça t'aurait fait ». Ah j'avoue, rien de moins que du rêve à fond. Nos purs Disney des années 90, La petite Sirène, La Belle et la Bête, Le Roi Lion, Aladdin, j'ai tellement rêvé avec eux...souvenirs, souvenirs.

 

C'était par contre pas la peine de faire tout un plat du débarquement d'une princesse noire chez Disney, car...

de 1.bah oui elle est noire, et y'a plein de Noirs, eh bah c'est bien, pourquoi faut-il s'en étonner, alors qu'on est en 2010 ?

de 2.elle passe plus de temps en grenouille qu'en humaine dans le dessin animé

de 3.ce n'est pas une princesse à l'origine

de 4.ce n'est pas une vraie noire lol. Je m'explique: disons qu'elle comme le prince et les autres personnages noirs ressemblent plus à des Arabes bien bronzés ou à des Indiens qu'à des Afro-Américains. Ils ne possèdent pas de véritables traits négroïdes, comme la plupart des individus ayant au préalable des racines africaines. Je sais, je chipote, mais c'est un truc qui m'a quand même sauté aux yeux. Où sont les lèvres charnues, le nez épaté, les cheveux crépus ? Qui au passage, sont quand même assez caractéristiques des ethnies afro. C'est pas des vrais Noirs ça ! Vous allez pas me faire croire qu'à l'époque c'était déjà répandu de se défriser les cheveux, ou de faire des tissages, et de se retaper le nez comme les blackettes du show-biz américain. Le prince Naveen, surtout, on dirait un reubeu plus qu'un renoi, c'est clair et net. D'ailleurs, je parierais que le dessinateur d'Aladdin est passé par là, car lui et Tiana ressemblent étrangement à Aladdin et Jasmine, c'est flag ! Ils sont juste plus foncés. Quant au sorcier ma foi, il a trop la gueule de Jafar.

Bien sûr, je suis loin de plaider pour la représentation des Noirs telle qu'elle a été faite par Hergé dans Tintin au Congo, encore heureux ! Et je ne cherche pas à nourrir une polémique – qui d'ailleurs a déjà été lancée – pour si peu. Seulement, je m'amuse de voir comment les médias se sont emballés autour de ce dessin animé lors de sa sortie, alors que déjà la représentation physique de la communauté noire y est erronée. C'est un fait que je ne suis pas la seule à avoir relevé. En 2006 lors de la création du film, certains reproches jasaient à ce sujet. Bref, bref, bref, laissons. Allez va, vive Disney quand même.

 

Par Léna M. - Publié dans : Speed Critik
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